COVID19 et VIH: Communiqué

COMMUNIQUE

Dans le contexte de la pandémie de COVID19, Prévention Information Lutte Contre Le SIDA (PILS) a adapté ses actions pour assurer la continuité de ses services à destination des plus vulnérables. Bien que pour le moment nous ne fassions plus d’accueil dans nos locaux, la priorité de PILS en cette situation de crise sanitaire, est le maintien des soins des personnes vivant avec le VIH et les hépatites virales tout en limitant la propagation du COVID19Les populations avec lesquelles nous travaillons sont souvent des personnes isolées, fragilisées et avec des comorbidités importantes, donc plus vulnérables face à ce nouveau virus.  

Depuis le début du confinement national, un protocole de télétravail a été mis sur pied pour les salarié.e.sLoin d’être suspendues, nos activités de terrain se poursuivent dans le strict respect des consignes sanitaires établies. Avec les moyens et ressources dont nous disposons durant cette période de crise, nous assurons l’accompagnement et le suivi des personnes vivant avec le VIH les plus fragilisé.e.s par cette situationAfin d’empêcher la propagation du COVID 19 et de protéger les patient.e.s avec un système immunitaire fragilequi sont donc de ce fait  plus à risque de développer des complications importantesnous avons mis en place un service de suivi individualisé et agissons comme relais auprès du Ministère de la Santé et du Bien-être afin que les patient.e.s puissent avoir accèà leurs traitements. La sécurité alimentaire de nombreuses personnes vivant avec le VIH étant rendue précaire par le confinement, nous mettons en place les partenariats nécessaires afin d’y pallier du mieux possible.  

Relation d’aide à distance. 

Afin d’assurer une continuité dans le soutien des personnes que nous accompagnons, en particulier les plus isolées, notre hotline gratuite, le 8999 réadapte ses services au COVID19. Cette ligne téléphonique est opérationnelle du lundi au samedi de midi à 2heures pour les personnes vivant avec le VIH et les hépatites virales en difficultés durant le confinement, afin qu’elles puissent obtenir des informations sur le VIH et le COVID, sur les activités qui sont maintenues et pour le soutien dont elles auraient besoin. Cette relation d’aide à distance est aussi là pour répondre aux questions en lien avec la prévention et la santé sexuelle du public. 

Solidarité et collaboration 

Nous ne sommes pas tous égaux face au confinement et aux épidémies. Le VIH et aujourd’hui le COVID19 qui nous frappent de manière brutale mettenà nu les inégalités de notre société. Face à l’urgence sanitaire, PILS met à contribution les leçons apprises durant ces 20 dernières années de lutte contre le VIH/SIDA. En tant que Principal Récipiendaire du Fonds mondial pour la société civile, nous sommes aux côtés de nos partenaires associatifs pour déployer les moyens techniques et les ressources nécessaires afin de leur permettre d’affronter cette nouvelle pandémie et veiller à la continuité de nos actions auprès des populations les plus vulnérables. De nouvelles solidarités s’installent et aujourd’hui plus que jamais, l’expertise communautaire peut contribuer dans la riposte contre le COVID19. En tant que porteur de la Plateforme Océan Indien de Coalition Plus, cette union internationale a immédiatement mis à disposition de PILS une enveloppe financière pour faire face au COVID19. Ainsi nous avons pu nous équiper et équiper certains de nos partenaires en matériels de protection. Enfin saluons la plupart des bailleurs locaux et internationaux de PILS pour leur grande bienveillance dans cette crise sanitaire, nous permettant de l’affronter avec professionnalisme et les moyens nécessaires.  

 

Contact presse   

Rachèle Bhoyroo 

M:       57836928 

E:       [email protected] 

Skype: [email protected]  

 

Hépatite C : Le traitement à Maurice

Maladie silencieuse, l’hépatite C peut être mortelle. Sans pour autant se manifester durant des années. Pourtant, on peut en guérir. Où se faire soigner à Maurice ? Comment accéder au traitement ? Réponses avec le Dr Zaid Heetun, gastro entérologue et conseiller auprès du ministère de la Santé (interview réalisée en créole mauricien).

SEXTRA : Ton expérience compte, exprime toi

SEXTRA : projet de recherche en ligne

SEXTRA est un projet de recherche communautaire qui a pour objectif d’identifier les déterminants du VIH et de collecter des données sur les besoins en santé sexuelle des travailleurs du sexe cis ou trans et les travailleuses du sexe trans, qui utilisent internet pour négocier des échanges ou des services sexuels contre de l’argent ou d’autres biens et services. Le but de cette recherche est d’articuler des services de santé pour ces populations et de mettre en place un plaidoyer plus inclusif.  

SEXTRA est une enquête multi-pays qui se déroule dans huit pays : Bolivie (IDH), Canada (REZO), Equateur (Kimirina), France (AIDES), Maroc (ALCS), Maurice (PILS), Portugal (GAT) et Roumanie (ARAS). Cette étude est financée par l’ANRS et portée par Coalition PLUS.  

Comment participer à l’enquête ?

L’étude SEXTRA se déroule uniquement en ligne et en toute confidentialité. Ce lien www.sextra.online vous amènera directement au questionnaire.  Il est possible de remplir le questionnaire en créole, français ou anglais.  

Pour en savoir plus sur SEXTRA

3 questions à Manuela Salcedo de Aides sur l’enquête SEXTRA 

https://www.komitid.fr/2022/02/16/3-questions-a-manuela-salcedo-de-aides-sur-lenquete-sextra/ 

Lancement de SEXTRA, une étude exploratoire pilotée par Coalition PLUS 

https://toujoursplus.mailchimpsites.com/lancement-de-sextra 

Pour toute question sur l’étude SEXTRA à Maurice, contactez Niloufer : [email protected] 

Le cannabis médical, une réalité à Maurice

Après avoir étudié les recommandations du comité technique sur l’usage du cannabis médical publié en janvier 2022, le Steering Committee du ministère de la Santé et du Bien-être a donné son accord pour l’introduction du cannabis thérapeutique à Maurice. Des essais démarreront à l’hôpital Victoria, Candos. Des spécialistes devront au préalable suivre une formation.  

 

C’est quoi, le cannabis médical ? 

En décembre 2020, la Commission des Nations unies sur les stupéfiants a reconnu la valeur thérapeutique du cannabis en l’enlevant du Tableau IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961. Une convention réservée aux opiacés mortels et addictifs spécifiques et n’ayant que peu, voire aucun effet thérapeutique. Mais qu’est-ce que le cannabis médical ? 

Le cannabis médical, aussi appelé cannabis thérapeutique, est l’utilisation de cette substance pour soulager des symptômes ou soigner une maladie particulière. Dans ce cas, les effets psychoactifs du cannabis ne sont pas recherchés. 

Le cannabis est composé de cannabinoïdes. Ces composantes chimiques, dont il existe plusieurs molécules, produisent certaines réactions lorsque consommées. Les cannabinoïdes impliqués sont le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). Ces produits se présentent sous diverses formes, qui vont déterminer le mode d’administration (inhalation, vaporisation, voie orale et application locale). Les produits thérapeutiques à base de cannabinoïdes, qu’ils aient ou non une licence pharmaceutique, sont considérés comme du cannabis médical. À Maurice, le gouvernement prévoit de dispenser des produits importés approuvés par l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA), la European Medicines Agency, Health Canada, la Therapeutic Goods Agency of Australia, and la South African Health Products Regulatory Agency dans un premier temps. Les produits ayant une licence FDA ont fait leur preuve durant des essais contrôlés et figurent largement dans la littérature sur l’efficacité de ce type de traitement. 

Les points forts des recommandations du comité technique sur le cannabis médical : 

  1. Les patient·e·s auront accès aux traitements sous diverses formes, gratuitement, dans les hôpitaux. 

  1. Le cannabis médical sera prescrit aux patient·e·s souffrant d’un cancer et qui nécessitent une chimiothérapie, d’épilepsie, de douleur neuropathique chronique ne répondant pas aux traitements conventionnels et de sclérose en plaques, entre autres. 

  1. Une formation sera mise en place pour le corps médical ainsi que les soignant·e·s, pharmacien·ne·s et autres personnels de santé impliqué·e·s dans la mise en œuvre de cette phase pilote. Une licence permettant la prescription de cannabis médical sera octroyée aux médecins ayant suivi la formation.  

  1. Un panel de spécialistes sera mis en place au niveau des hôpitaux régionaux pour évaluer l’éligibilité des patient·e·s.  

  1. Les patient·e·s traité·e·s dans le privé pourront accéder au traitement à travers un référencement vers le panel d’éligibilité. Le médicament sera toutefois payant. 

  2. La Dangerous Drugs Act (DDA) sera amendée pour exclure les produits de cannabis médical. 

Ce qu’en pense PILS 

Le cannabis médical est autorisé dans une trentaine de pays et son introduction à Maurice est un pas en avant, que ce soit au niveau médical mais aussi économique. En effet, cette phase pilote pourrait laisser place à une mise à l’échelle avec une panoplie de produits adéquats pour davantage de patient·e·s. La gratuité des traitements en garantira l’accessibilité à tou·te·s alors qu’une formation du personnel médical permettra de déstigmatiser ce type de traitement et de renforcer en capacité les médecins sur la prescription de produits à base de cannabis pour les patient·e·s éligibles.  

Cependant, il est nécessaire d’étoffer la panoplie de produits disponibles après la phase pilote ainsi que les pathologies éligibles en investissant dans la recherche au niveau local.  

D’un point de vue financier, l’industrie du cannabis est un marché très prometteur, d’autant que les politiques publiques par rapport à la légalisation du cannabis (thérapeutique et à usage récréatif) évolue dans le monde. Ainsi, le développement d’une industrie locale pourrait être bénéfique à notre économie. Nous constatons que plusieurs recommandations de PILS ont été prises en compte par le comité technique. Cependant, nous maintenons notre vigilance quant à la mise en œuvre de cette phase pilote. Une campagne de communication solide pour informer la population sur le cannabis médical afin de déstigmatiser son utilisation et encourager les personnes concernées à aller vers ce traitement pour assurer le succès de cette première étape est nécessaire.

AFRAVIH 2022 : PILS plaide pour la PrEP pour les femmes et la paire éducation

Une délégation de PILS a participé à l’AFRAVIH 2022, soit la 11e Conférence internationale francophone VIH/Hépatites/Santé sexuelle/Infections émergentes, à Marseille (France). Nos représentantes ont souligné dans leurs interventions le rôle essentiel des pair·e·s éducateur·rice·s, et de l’approche communautaire pour faciliter l’accès pour les femmes à la PrEP.

PILS était bien présente lors de l’AFRAVIH, de retour en présentiel après une dixième édition en ligne. Le programme de la délégation était chargé : du plaidoyer, des conférences plénières, des tables rondes, de nombreuses rencontres et des échanges de pratiques avec des partenaires associatifs, techniques et financiers, et des organisations internationales.

En tant que membre de Coalition PLUS, PILS est signataire de l’Appel de Marseille pour la reconnaissance de l’importance de la santé sexuelle au niveau international.

Niloufer Khodabocus et Elodie Sanasee sont intervenues respectivement sur le projet Riposte lors du symposium organisé par Coalition PLUS et sur les résultats de l’étude PrEP Femmes menée à Maurice. Tandis qu’Annette Ebsen Treebhoobun et Nadia Peerun, directrice exécutive et vice-présidente de PILS respectivement, y assistaient en leur qualité d’administratrices de Coalition PLUS.

Lors de sa communication orale, Niloufer Khodabocus, coordinatrice de la recherche, a souligné l’« Intérêt et intention d’utiliser la PrEP par les femmes partenaires des personnes qui s’injectent des drogues à l’île Maurice ». À Maurice, la prévalence du VIH parmi les personnes s’injectant des drogues (PID) est de 21 %, ce qui implique un risque élevé pour leurs partenaires sexuel·le·s (ministère de la Santé et Bien-être, 2021). Bien que la prophylaxie pré-exposition (PrEP) soit disponible gratuitement dans les hôpitaux publics depuis novembre 2018, l’accès des partenaires femmes des PID (PPID) à cet outil de prévention reste limité, voire inexistant. Or, l’étude a révélé qu’elles sont très intéressées par cet outil de prévention. Des stratégies de communication et de déploiement de la PrEP adaptées aux besoins de cette population doivent être élaborées et mise en place.

Elodie Sanasee, coordinatrice du plaidoyer et de la communication et du projet Riposte, a plaidé aux côtés d’autres Riposteur·se·s pour la reconnaissance morale et légale du statut des pair·e·s éducateur·rice·s lors du symposium de Coalition PLUS sur « Le rôle incontournable du système de santé communautaire : l’exemple de la santé sexuelle ».

Issu·e·s des communautés qu’ils et elles accompagnent, les PE sont leurs premiers points de contact, a rappelé Élodie Sanasee. Leur contribution est, par conséquent, considérable dans l’orientation et l’accompagnement des personnes, et pour faire reculer les inégalités.

Coordinatrice de Riposte à Maurice, elle a plaidé en faveur du financement d’initiatives communautaires, celles-ci étant les plus à même d’être au plus près des personnes vulnérables au VIH et de les ramener vers le soin. Sur ce plan, l’impact de la Covid-19 se fait sentir, a-t-elle rappelé, les confinements ayant été particulièrement difficiles pour les PID qui, à cause de la stigmatisation et de la criminalisation de leurs pratiques, se sont éloignés des systèmes de santé publics.

Pour rappel, le projet Riposte de Coalition PLUS vise à renforcer les capacités des populations clés pour déployer les stratégies et l’expertise communautaire à grande échelle.

Autre question majeure abordée lors de l’AFRAVIH : celle du financement de la riposte mondiale contre le VIH, la septième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial étant prévue en septembre, à New York (États-Unis). La délégation de PILS a participé à la manifestation de AIDES, sur le Vieux Port, en faveur d’une augmentation de la contribution de la France au FM de moitié. Elodie Sanasee a ainsi participé à la réalisation d’une vidéo, pour le projet Riposte, soulignant l’importance du financement communautaire dans la lutte contre le VIH.

L’AFRAVIH a rassemblé, du 6 au 9 avril, plus de 1 200 chercheur·se·s, médecins, activistes et institutionnel·le·s du Nord et du Sud de 46 pays francophones.

Retrouvez les communications écrites signées et co-signées par PILS à l’AFRAVIH 2022

  • p. 487-488 : « Femmes et PrEP : pourquoi ce désamour ? Résultats d’une étude au Mali, Maroc et Maurice »
  • p. 507-50Int8 : « Intérêt et intention d’utiliser la PrEP par les femmes partenaires des personnes qui s’injectent des drogues à l’île Maurice »

La PFOI de retour dans la région

Après deux ans de confinements et de chamboulements quotidiens dus à la Covid-19, la Plateforme Coalition PLUS Océan Indien (PFOI) a enfin renoué en présentiel avec les associations des Comores et des Seychelles.

Le déplacement aux Comores en janvier fut la première mission en présentiel hors du territoire mauricien depuis les débuts de la pandémie. L’activité principale était un atelier sur le plaidoyer, réalisé avec le soutien de Coalition PLUS. Les partenaires de la plateforme, ainsi que d’autres associations comoriennes impliquées dans la lutte contre le sida, ont travaillé pendant quatre jours sur un plan de plaidoyer autour du financement de la riposte par l’État. La PFOI a aussi profité de son passage pour rencontrer la Direction de lutte contre le sida et les représentant·e·s du Country Coordinating Mechanism (CCM) local.

La mission aux Seychelles, en février, a permis à la PFOI de renouer les liens avec les associations partenaires du territoire, ainsi que les autres acteurs et institutionnels, pour discuter de l’évolution de l’épidémie de VIH et les nouveaux défis qui se présentent sur le territoire : le National AIDS Council, HASO, DURNS, ASFF et LGBTQI Sey. La situation concernant la consommation de drogues injectables, très répandue, et la réduction des risques ainsi que la structuration des associations ont été abordées.

La PFOI poursuit les missions dans la région avec plusieurs activités prévues, à Madagascar.

AIDS Candlelight Memorial 2022 : Nou rapel, nou azir, nou pou sirmont VIH

AIDS Candlelight Memorial 2022 

« Nou rapel, nou azir, nou pou sirmont VIH»

Port-Louis, 13 mai 2022 — Le 15 mai, une centaine d’organisations communautaires et des milliers de personnes participeront à des événements dans plus de 115 pays pour soutenir la 39e veillée internationale, l’« AIDS Candlelight Memorial ». À Maurice, PILS et d’autres organisations communautaires de lutte contre le sida se rassembleront pour commémorer les personnes décédées depuis le début de l’épidémie et pour exprimer leur solidarité avec celles et ceux vivant avec et affectées par le VIH. 

Après deux confinements dus à la Covid-19, ce moment fort de sensibilisation et de mobilisation se tiendra à nouveau en présentiel. Nous nous retrouverons au centre communautaire Nou Vi La de PILS, le dimanche 15 mai, de 17 heures à 19 heures, sous le thème retenu depuis 2020 : « Nou rapel, nou azir, nou pou sirmont VIH ». Il nous rappelle la nécessité d’une approche basée sur la responsabilité individuelle et collective et le respect des droits humains dans la riposte contre le VIH et la Covid-19. 

Au programme de cette soirée : projection d’un film lié au VIH, suivi des témoignages de personnes affectées par le VIH. 

Le VIH à Maurice 

À Maurice et ailleurs, la pandémie du nouveau coronavirus a mis à mal les progrès effectués contre le VIH, alors même que grâce aux avancées de la recherche et de la médecine, nous disposons des connaissances et des outils pour mettre fin à l’épidémie de VIH en tant que menace de santé publique d’ici 2030. 

Le constat est alarmant, les progrès réalisés entre 2010 et 2015 ont été inversés depuis 2015 :  

  • Les décès liés au sida ont augmenté de 25 % entre 2015 et 2019  

  • 141 décès liés au sida ont été enregistrés à Maurice en 2020 

  • Hausse de 16 % des nouvelles infections par le VIH entre 2015 et 2019 

  • L’épidémie se généralise : près de deux tiers des nouvelles infections en 2020 concernent des personnes hétérosexuelles 

  • Le nombre de nouveaux cas détectés chez les jeunes de 15 à 24 ans, reprend la pente ascendante, passant de 15 % en 2018 à 18 % en 2020. 

De nombreux facteurs favorisent la progression du VIH, dont : un niveau élevé de stigmatisation et de discrimination en particulier à l’encontre des populations les plus exposées au VIH ; le manque d’accessibilité aux services de prévention, de traitement, de soins et de soutien ; la précarité ; et les lois répressives en matière de consommation de drogues. 

Pourtant, aujourd’hui grâce à la trithérapie, une personne séropositive sous traitement, avec une charge virale indétectable, ne transmet plus le virus et peut avoir une bonne qualité
de vie. 

La cascade de soins du VIH à Maurice

Les données montrent que les progrès réalisés pour atteindre les objectifs 95-95-95 d’ici 20301 sont faibles. Sur les 14 000 personnes estimées vivant avec le VIH, environ 46 % [39-54] connaissent leur statut sérologique. Parmi elles, 21 % [18-25] ont accès au traitement antirétroviral (ARV) et 15 % [13-18] d’entre elles ont une charge virale supprimée (UNAIDS Spectrum, 2020). En 2021, parmi les 4 311 personnes initiées au traitement ARV, seules 3 088 y adhéraient et de celles-là, 1 869 avaient une charge virale indétectable (statistiques obtenus auprès du ministère de la Santé).  

Du diagnostic au traitement, des lacunes à combler

Le dépistage est la première étape du parcours de soins. Une fois le diagnostic posé, une mise sous traitement précoce est recommandée. Malheureusement, la mise sous traitement le jour même d’un diagnostic positif via dépistage rapide n’est pas possible. 

« Il y a un décalage entre le nombre de personnes dépistées et le nombre de personnes dans la file active2, comme le montre la cascade du VIH. Le problème majeur est d’ordre structurel car l’initiation au TAR le jour même n’est pas possible parce qu’après un test individuel positif au VIH via un test rapide, des échantillons sont prélevés et envoyés au Laboratoire central pour confirmation. La confirmation des résultats prend entre deux semaines et un mois. Durant cet intervalle, un nombre important de personnes ne reçoivent jamais leurs résultats3, donnant lieu à un nombre important de perdu·e·s de vue. » (Extrait des consultations communautaires menées dans le cadre du projet RIPOSTE, mis en œuvre par PILS) 

La dispensation et le suivi des traitements, disponibles uniquement dans les cinq hôpitaux régionaux de l’île Maurice, restent un défi majeur. Ce qui freine l’accès aux services : 

  • l’éloignement des centres de santé où les ARV sont dispensés du domicile des personnes vivant avec le VIH, 

  • le manque d’infrastructures appropriées,  

  • l’impossibilité de bénéficier d’ARV sur une durée de plus de deux mois,  

  • le fort taux de stigmatisation associé à la fréquentation des centres de santé dédiés (DCCI), peu importe le statut sérologique. 

En raison de ces obstacles, certaines personnes sont perdues de vue à chaque étape du parcours de soins. Ces lacunes durant ce cheminement dans les systèmes de santé doivent être reconnues afin que des interventions ciblées et des programmes puissent être élaborés pour les surmonter et ainsi s’assurer que les personnes vivant avec le VIH puissent atteindre le but ultime de la suppression virale. 

Il est primordial de s’attaquer aux lacunes de la cascade avec une approche globale qui inclut : 

  • la prévention (préservatifs, prophylaxie pré-exposition ou PrEP, traitement post-exposition ou PEP, dépistage, les programmes de réduction des risques),  

  • le traitement (TasP, traitement comme prévention), et 

  • les efforts pour créer un environnement favorable à la prise en charge dans le respect des droits humains peuvent contribuer à une baisse des décès liés au sida et des nouvelles infections causées par le VIH. 

La stigmatisation en milieu hospitalier,
un obstacle majeur à l’amélioration de la qualité de soins

Si la stigmatisation et la discrimination liées au VIH à Maurice sont en baisse, il n’en demeure pas moins que le niveau de confiance des personnes vivant avec le VIH est relativement faible envers les institutions médicales. C’est une barrière à la prise en charge. Le rapport d’enquête sur l’indice de stigmatisation de 20184 a révélé que 10,4 % des répondant·e·s ont déclaré s’être vu·e·s refuser l’accès aux services de santé en raison de leur statut VIH (comparativement à 28 % en 2013) et que 16,1 % ont déclaré que les travailleur·se·s de santé avaient divulgué leur séropositivité sans leur consentement (contre 26,8 % en 2013). De plus, 41,7 % des répondant·e·s ont évité de se rendre à l’hôpital pour se faire soigner en raison de leur statut sérologique, et 30,4 % craignaient de recevoir un mauvais traitement par les pourvoyeur·se·s de soins à cause de leur statut sérologique. La discrimination à l’égard de la population LGBTI est également préoccupante. 

Des progrès trop lents

Grâce au plaidoyer mené par PILS depuis 25 ans, des progrès ont été accomplis tels que l’introduction des traitements ARV gratuitement et des programmes de réduction des risques, la diversification des outils de prévention, le dépistage démédicalisé et l’amélioration de la prise en charge. Cependant, alors que la pandémie de Covid-19 fragilise les systèmes de santé et déplace les priorités en termes d’engagement sanitaire, politique et financier, il est important de rester vigilant·e et de ne pas tenir pour acquis les progrès réalisés ces dernières années. Une volonté politique ainsi qu’un engagement et une collaboration multisectoriels et à tous les niveaux sont nécessaires pour accélérer la riposte contre et en finir avec l’épidémie de VIH. 

– FIN – 

 

À propos de PILS : Fondée en 1996, PILS est une association de lutte contre le sida. Notre mission première d’être une structure de soutien aux personnes vivant avec le VIH à Maurice a évolué pour inclure également celle de représenter, mobiliser et renforcer les ONG et les communautés vulnérables de Maurice pour qu’elles militent, à travers le plaidoyer, pour un engagement politique, pour améliorer la réponse nationale au VIH et aux hépatites virales dans un environnement favorable au niveau national, régional et mondial, et pour mettre fin à la stigmatisation et aux discriminations des personnes infectées, affectées ou vulnérables au VIH et aux hépatites virales. 

 

 

Contact presse : Rachèle Bhoyroo   

PILS renouvelle partiellement son comité exécutif et son bureau

Port-Louis, 4 avril 2022  PILS (Prévention, Information, Lutte contre le sida) a renouvelé partiellement son conseil d’administration (CA) lors de sa 26e Assemblée générale annuelle qui s’est tenue le 24 mars 2022, au centre Nou Vi La à Port-Louis. 

Sultan Beeharry, membre fondateur et vice-président de l’association en 1996, ainsi qu’Ornella Chellen et Selvana Mootien, qui ont été collaboratrices et actHivistes chez PILS, sont les nouveaux membres. Il et elles remplacent Helena Lutchman, Giovanni Ramos et Nicolas Ritter, dont le soutien, l’engagement et les conseils ont été précieux. 

Le nouveau conseil d’administration 2022-2023 est composé de : 

  • Thierry Arékion, président
  • Nadia Peerun, vice-présidente
  • Jean-Daniel Wong, trésorier
  • Thierry Runga, trésorier adjoint 
  • Collette Lamb, secrétaire
  • Selvana Mootien, secrétaire adjointe
  • Membres : Sultan Beeharry, Ornella Chellen et Emilie Trousselier-SeepursaundDe gauche à droite Ornella Chellen, Collette Lamb, Sultan Beeharry, Thierry Arékion, Selvana Mootien, Nadia Peerun, Jean Daniel Wong, Thierry Runga. 

Mot de Thierry Arékion, activiste depuis 2006 et président du CA pour la deuxième année consécutive : 

« Les défis auxquels PILS doit faire face dans le cadre de son engagement pour mettre fin au sida et aux inégalités se sont accrus avec la pandémie de Covid-19 et son impact, notamment sur le plan socioéconomique. Nos bénéficiaires, qui sont issues de populations fragilisées et le plus souvent marginalisées, sont les premiers et premières à en faire les frais. Dans un contexte difficile comme celui que nous traversons toutes et tous, les financements, sur les plans national et international, ne sont pas garantis. 

Il est nécessaire de rallier à nouveau nos partenaires et la société civile en vue de concertations sectorielles afin de trouver des solutions de financements et de soutien pérennes pour notre secteur. Cette approche collective a porté ses fruits : c’est grâce au plaidoyer commun, mené de longue date par PILS et la société civile, que les dons financiers aux organisations non gouvernementales donnent droit depuis juin 2021 à un remboursement sur l’impôt sur le revenu – pour un don maximum de Rs 30 000. 

La réflexion et l’action sont indissociables : on ne peut agir sans penser, notamment dans le domaine associatif. Réfléchissons et agissons ensemble. » 

 

Contact presse : Rachèle Bhoyroo  

[email protected] – m : +54 56 40 57. t : 212 48 41 

–  Fin – 

PrEP : un accès encore limité chez les femmes exposées au VIH

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, PILS appelle d’urgence à rendre la prophylaxie pré-exposition (PrEP) encore plus accessible aux femmes vulnérables au VIH à Maurice. Bien qu’étant exposées à un risque plus élevé d’infection par le VIH, les femmes accèdent difficilement à cet outil efficace de prévention, en raison d’un manque d’information et de services adaptés.

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est destinée à toutes les personnes séronégatives particulièrement exposées au VIH. Elle consiste à prendre un médicament afin de prévenir l’infection. Ce traitement est disponible gratuitement depuis 2018.

Le VIH et les femmes à Maurice

Si depuis 2005, le nombre de nouvelles contaminations chez les femmes ne dépasse pas la barre des 200, en revanche, l’écart avec les hommes s’est considérablement réduit : passant d’un ratio de 8 hommes pour 1 femme en 2004, à 2 hommes pour 1 femme en 2020. Au cours des dernières années, les infections par voie hétérosexuelle ont pris la pente ascendante, alors qu’avant 2017, le mode de transmission primaire était l’utilisation de drogues injectables (“Republic of Mauritius Statistics on HIV/AIDS”, juin 2021).

Les femmes transgenres ont de fortes vulnérabilités face au VIH. Elles font souvent face à des niveaux élevés de stigmatisation, de discrimination et de violence. Celles-ci entravent l’accès aux et l’adoption des services de prévention, de dépistage, de soins et de soutien du VIH et d’autres services de santé sexuelle et reproductive. Ainsi, les femmes transgenres sont encore plus exposées au VIH avec une prévalence qui s’élève à 28 % (IBBS 2017). Chez les femmes travailleuses du sexe qui rencontrent souvent des obstacles structurels, institutionnels et sociétaux, l’accès aux soins et services médicaux demeure très difficile. En 2015, la prévalence du VIH parmi les femmes travailleuses du sexe était de 15 %. Il est essentiel que les services soient adaptés aux besoins de ces femmes vulnérables.

Encore des défis à relever pour accéder à la PrEP

Malheureusement, le manque d’information sur la PrEP, l’inaccessibilité des sites de dispensation des médicaments, la stigmatisation ou encore les préjugés du corps médical empêchent ces femmes d’avoir accès à la PrEP, comme le montrent les résultats de l’enquête multi-pays « PrEP Femmes » conduite à Maurice par PILS, en collaboration avec l’ALCS (Maroc) et ARCAD Santé PLUS (Mali), toutes trois associations membres de Coalition PLUS.

Ainsi, les résultats de cette enquête révèlent que 80 % des femmes partenaires d’usagers de drogues injectables à Maurice ne connaissaient pas la PrEP tandis que plus de 85 % des travailleuses du sexe interrogées au Mali et au Maroc n’en n’avaient jamais entendu parler. À Maurice où la majorité des femmes transgenres connaissent la PrEP, seules 18 % d’entre elles l’utilisent, craignant la stigmatisation et la discrimination dans le milieu hospitalier. De plus, la PrEP n’est disponible pour l’heure qu’au niveau des National Day Care Centres for the Immuno-suppressed.

Adapter la PrEP aux besoins des femmes

« Pour éliminer le VIH, il faut une approche compréhensive qui prend en compte les vulnérabilités particulières des femmes et les inégalités auxquelles elles font face dans la prévention. La négociation du port du préservatif demeure une source dobstacle pour certaines femmes, d’où la nécessité de l’accès aux outils comme la PrEP », explique Soufia Bham, chargée de plaidoyer chez PILS. L’enquête révèle également que la majorité des femmes exposées à un risque élevé d’infection sont favorables à l’utilisation de la PrEP si la dispensation est assurée par les centres de santé communautaire.

« Les résultats de l’enquête nous démontrent qu’il est important d’adapter nos services aux besoins des femmes exposées au VIH afin que celles-ci puissent prendre en main leur santé. Ainsi, adapter les services de la PrEP et renforcer la sensibilisation autour de cet outil de prévention est une priorité pour PILS », ajoute Soufia Bham.

 

Quelques résultats clés de l’enquête PrEP Femmes 

  • De façon générale, l’étude révèle une faible estime de soi chez les travailleuses du sexe, les femmes transgenres et les femmes usagères ou partenaires d’usagers de drogues injectables
  • À Maurice, 54 % des femmes transgenres connaissent la PrEP, mais seules 18 % d’entre elles l’utilisent
  • À Maurice, 24 % des partenaires d’usagers de drogues injectables et 16 % des femmes transgenres ont contracté une IST durant les 12 derniers mois tandis qu’au Maroc, près de la moitié des travailleuses du sexe ont souffert d’une infection sexuellement transmissible (IST) durant la même période.
  • Au Mali et au Maroc, moins de 15 % des travailleuses du sexe connaissent la PrEP.
  • Au Mali, aucune participante n’a déjà eu recours à la PrEP, tandis qu’au Maroc 63 % des travailleuses du sexe qui connaissent la PrEP y ont eu déjà recours.

 

À propos de « PrEP Femmes » : Lancé en février 2021 par Coalition PLUS avec le soutien de L’Initiative d’Expertise France, le projet de recherche communautaire « PrEP Femmes » vise à évaluer l’intérêt des femmes issues des populations clés pour la PrEP, ainsi qu’à identifier les barrières d’accès à ce traitement préventif dans les trois pays concernés : Mali, Maroc, Maurice. Ce projet, porté par l’Association de Lutte Contre le Sida (ALCS), membre de Coalition PLUS au Maroc, implique également deux autres associations membres du réseau : ARCAD Santé PLUS au Mali et PILS à Maurice.

À propos de PILS : Fondée en 1996, PILS est une association de lutte contre le sida. Notre mission première d’être une structure de soutien aux personnes vivant avec le VIH à Maurice a évolué pour inclure également celle de représenter, mobiliser et renforcer les ONG et les communautés vulnérables de Maurice pour qu’elles militent, à travers le plaidoyer, pour un engagement politique, pour améliorer la réponse nationale au VIH et aux hépatites virales dans un environnement favorable au niveau national, régional et mondial, et pour mettre fin à la stigmatisation et aux discriminations des personnes infectées, affectées ou vulnérables au VIH et aux hépatites virales.

À propos de Coalition PLUS : Union internationale d’ONG communautaires de lutte contre le sida et les hépatites virales fondée en 2008, Coalition PLUS intervient dans 52 pays et auprès d’une centaine d’organisations de la société civile. Nos associations membres et partenaires impliquent les communautés les plus vulnérables au VIH/sida et aux hépatites dans la définition et la mise en œuvre des politiques et programmes de santé qui les concernent directement. Elles font la promotion de méthodes innovantes, adaptées aux personnes les plus discriminées dans l’accès à la santé. Coalition PLUS est actuellement présidée par la Pr Hakima Himmich.

 

Contact Presse :

Rachèle Bhoyroo

+ 230 54564057

[email protected]

Journée mondiale de la santé : Les associations communautaires acteurs clés pendant la pandémie

A l’occasion de la journée mondiale de la santé, le 7 avril 2021, nous souhaitons rappeler le rôle déterminant que jouent les associations communautaires pour préserver la santé des populations les plus vulnérables et isolées depuis la crise sanitaire 

La Covid-19 accentue les inégalités 

Face à la pandémie de la Covid-19, nous ne sommes pas tous.tes égaux.les. Le coronavirus a mis en évidence les inégalités qui affectent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables. Les personnes vivant avec le VIH, les personnes exerçant le travail du sexe et les personnes usagères de drogues paient le prix fort et sont doublement affectées. 

Cette crise sanitaire est particulièrement lourde de conséquences pour les communautés vulnérables, victimes de stigmatisation et de discriminations et qui ont difficilement accès à des services de santé. Nombre de ces personnes vivaient déjà dans la précarité sans sécurité alimentaire ni économique, pouvant compter uniquement sur du travail journalier pour subvenir à leurs besoins. La situation actuelle et le confinement ont fragilisé encore plus les communautés marginalisées.  

Ces mesures pèsent lourd et nous voyons les conséquences sur le terrainNous constatons que beaucoup de personnes sont dans des situations de détresse alimentaire, l’accès au matériel d’injection neuf ou stérile est difficile tout comme l’approvisionnement en produit de substitution (méthadone) et en traitements antirétroviraux, ce qui laisse craindre une explosion de l’épidémie du VIH et des hépatites virales.  

Les associations communautaires acteurs clés de la pandémie  

Les mesures mises en œuvre pour lutter contre la Covid-19 peuvent faire reculer la lutte contre le VIH/sida et avoir des effets néfastes sur les populations clésSi la crise sanitaire a mis au jour les failles et faiblesses des politiques sociales et sanitaireselle a aussi été révélatrice de force, d’inventivité et de capacité d’adaptation par les associations de lutte communautaire et les acteurs.rices de terrainFace à cette urgence, depuis le premier confinement, les associations se sont mobilisées et ont réadapté leurs services afin de venir en aide aux personnes les plus impactées.  

Opérant auprès des populations les plus isolées, les associations PILS, A.I.L.E.S, CUT, KinouétéParapli Rouz et CAEC se mobilisent pour venir en aide à ceux et celles qui survivaient déjà difficilement au jour le jour avant la crise. Ces associations offrent entre

 

autres des services d’écoute, d’accompagnement et de soutien alimentaire. 

Confinement : assurer la continuité des soins des personnes vivant avec le VIH  

En première ligne contre le VIH, PILS s’adapte et notre préoccupation demeure non seulement les personnes les plus fragiles qui constituent la majorité de notre file active mais aussi nos intervenants.es sur le terrain afin d’éviter toute contamination. Les craintes des patient.e.s étaient de ne pas avoir accès à leurs médicaments et à la nourriture. Pour pouvoir répondre à leurs besoinsune collaboration avec la AIDS Unit s’est mise en place. Chaque jour, les actHIVistes de PILS s’organisent pour acheminer des antirétroviraux auprès depatient.e.s tout en respectant les mesures de protection.  

«Nous sommes mieux préparés.es que pour le premier confinement du 2020, mais c’est toujours un défi à relever. Nos usagers.ères souffrent souvent d’une grande solitude, surtout ceux.celles qui sont sans domicileNotre centre bas-seuil Nou Vi La étant fermé pendant ce confinement, nous essayons de répondre à leurs besoins primaires en offrant un soutien alimentaire et des packs de petitdéjeuner pendant ce confinement. Il est important de maintenir le lien avec cette population qui se fragilise davantage à mesure que le confinement se prolonge. Par ailleurs, pour maintenir le contactles usagers.ères de service ont été joints par téléphone. Ces appels sont intensifiés afin de s’assurer qu’ils.elles soient en sécurité et de voir comment nous pouvons les aider. » Ashvin Gungaram, coordinateur de terrain.  

Notre partenaire A.I.L.E.S, qui opère notamment dans la zone rouge des hautes Plaines Wilhems, assure également la distribution des antirétroviraux et se mobilise auprès des patients.es qui sont sous traitement de substitution à la méthadone. A.I.L.E.S fournit un soutien alimentaire aussi bien que du matériel de prévention (masques et gel hydroalcoolique) pour que les patients.es puissent se protéger sur les sites de distribution. Certains.es patients.es ne pouvant accéder à leur traitement, notre partenaire A.I.L.E.S en collaboration avec la Harm Reduction Unit dispense la méthadone à domicile au quotidienL’association a aussi accompagné quelques patients.es qui souffrent d’infections opportunistes.  

Relation d’aide à distance pour les populations clés  

Le confinement est une grande source d’angoisse et de stress et les populations vulnérables n’y échappent pas. Pour maintenir le lien et venir en aide aux personnes, deux services d’écoute sont opérationnels. PILS, à travers la ligne verte 8999, propose un service d’écoute et de prévention à distance. Pour lutter contre l’isolement et veiller au bien-être des bénéficiaires du Collectif Arcenciel, l’association offre un service de counseling en ligne tous les samedistrès demandé depuis le début du confinement. Des activités en ligne comme l’art thérapie, des ateliers d’écriture et le sport sont également proposées . 

L’association Parapli Rouz propose également un service d’écoute durant cette période difficile. La prévention se fait aussi par téléphone pour cette association, comme l’explique un travailleur de terrain : «C’est de la folie depuis le confinement. Nos bénéficiaires nous ont immédiatement demandé de l’aide, des paniers alimentaires, des kits sanitaires, etc. Nous faisons de notre mieux pour essayer de les aider. Le counseling et la prévention se font essentiellement par téléphone, mais les préservatifs et lubrifiants sont distribués par les travailleurs.euses de terrain et des personnes focales à travers l’île. » 

Avec l’impossibilité de se rendre dans les prisons comme elle le fait normalementl’association Kinouete a également ajusté ses opérations pour apporter soutien et conseils à distance. L’association a reçu 37 appels à cet effet depuis le début du confinement, mais a aussi poussé les choses plus loin en appelant 117 jeunes et 282 ex-détenus pour leur apporter du soutien et faire du counseling.  

 La duction des risques mise à rude épreuve pendant le confinement 

Au sein du Collectif Urgence Toxida (CUT), tout un réseau de travailleurs.euses de terrain s’est mobilisés.es afin d’offrir du matériel d’injection propre à leurs usagers.èresLe volume remis aux personnes usagères de drogues est plus conséquent qu’en temps normal afin de limiter leurs déplacements. A ce jour, CUT a distribué 25 868 seringues et a effectué 10 tests VIH et VHC. L’association a aussi effectué des distributions de paniers alimentaires, dont 200 packs de petitdéjeuner parmi les usagers.ères précaires éprouvant encore plus de difficultés à se nourrir.  

Aujourd’huiface à la Covid-19, les associations communautaires se mobilisent pour la pérennité de leur action mais aussi pour faire face à la crise sanitaire. Plus que jamais, l’expertise communautaire est nécessaire et les acteurs.trices de terrain jouent un rôle clé pour atteindre les cibles nationales relative à la couverture sanitaire universelle et à la réponse de l’action d’urgence.